Domaine seigneurial

Moulin à farine... et à farine de bois !

Le Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac se compose de deux bâtiments : un moulin à farine et une scierie. Le moulin à farine de la seigneurie de Tonnancour a été érigé entre 1765 et 1784. Il remplaçait le premier moulin des lieux, qui datait de 1721. De moulin banal au temps du régime seigneurial, il est éventuellement devenu la propriété de meuniers entrepreneurs à la fin du 19e siècle. Ses avant-derniers propriétaires, la communauté des Frères de l'Instruction chrétienne, en ont fait l'acquisition en 1927. Ce sont d'ailleurs eux qui ont procédé à la construction de la petite scierie adjacente au bâtiment principal, à la fin des années 1940. Les deux moulins fonctionnaient pour desservir les besoins de la communauté religieuse jusqu'à l'arrêt total des mécanismes, il n'y a pas si longtemps...

Depuis près de trente ans, le site historique servait essentiellement de centre d'exposition des arts. À l'été 2002, le Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac inaugurait deux nouvelles expositions permanentes, axées sur sa richesse patrimoniale.

« Maître meunier »

La première exposition parcourt le moulin à farine, expliquant son fonctionnement et les secrets de la fabrication de la farine, tout en donnant un aperçu du quotidien des meuniers d'antan. Ces meuniers, à la fois ouvriers et artisans, possédaient un savoir-faire qui sombre peu à peu dans l'oubli. Pourtant, ils étaient des personnages de premier plan dans la communauté puisque, par leur labeur acharné, ils assuraient la subsistance de plusieurs. D'ailleurs, au même titre que le parvis de l'église, le moulin était un lieu de rassemblement important où les cultivateurs se rencontraient et fraternisaient pendant la transformation de leurs grains en farine. Les meuniers devaient donc aussi gérer cette affluence.

Au-delà de son rôle social, le meunier a une tâche délicate à accomplir, et ce, sept jours sur sept. La tâche du meunier ne se limite pas à la fabrication de la farine. Il doit également assumer l'entretien du moulin et, surtout, veiller au bon fonctionnement des mécanismes. Malgré tous ses efforts de prévention, les bris mécaniques occasionnels sont inévitables. Dans ce cas, le meunier exhibe ses talents de bricoleur, s'improvisant charpentier ou menuisier.

« Farine de bois 2.0 »

La seconde exposition explore quant à elle la scierie adjacente, permettant aux visiteurs de goûter à la réalité des travailleurs du bois du siècle dernier. La petite scierie des Frères de l'Instruction chrétienne est typique des moulins à scie artisanaux de son époque.

Le moulin à scie actuel a été annexé au moulin à farine, afin de profiter de l'énergie hydraulique déjà employée. Deux turbines, situées à la cave du moulin seigneurial, produisent la force motrice nécessaire à la production de farine et à la coupe du bois.

Les Frères de l'Instruction Chrétienne profitent de la présence du moulin à scie pour fabriquer des ornements pour la chapelle ou des patinoires pour les pensionnaires. Ils établissent également un atelier d'ébénisterie pour leurs élèves dans l'ancien logement du meunier.

La scierie a été en fonction jusqu'au milieu des années 1980. Après un long sommeil, pendant lequel elle servait d'entrepôt, elle a été réouverte au public à l'été 2002. Depuis, elle a pu dégourdir ses mécanismes, qui sont remis en marche pour les visiteurs.